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La Déesse

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4 critiques: 4.31/5

visiteurnote
k-chan 4.75
Bastian Meiresonne 4.5
Mounir 4.5
Chip E 3.5


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L'Idole

Idole: Divinité soumise à l'adulation Signifie ou une fausse divinité ou tout ce qui prend la place de Dieu Présage funeste en tout état de cause. Le début de "Charulata" fait penser à une variation de la trilogie précédente de Ray, "Le monde d'Apu": Sharmila Tagore et Soumitra Chatterjee y interprètent à nouveau un jeune couple (ils sont mariés depuis trois ans, alors qu'elle vient d'avoir 17 ans), dont l'homme est un lettré obligé de partir pour Calcutta pour terminer ses études. Lors d'une scène au lit, ils se posent des questions quant à l'avenir – et il lui demande de lui écrire tous les jours. Une magnifique séquence d'ouverture de festivités organisées en l'honneur de la déesse Kali renvoient également à l'aspect documentaire des trois chef-d'œuvres du cinéaste. La suite n'aura pourtant plus rien à voir, mais comporte des mêmes thématiques et est une autre réussite majeure de son réalisateur. Il y traite à nouveau des problèmes intergénérationnels et du changement sociétaire de l'Inde des années 1960: ainsi le fils d'un "zamindar" (riche propriétaire) dédaigne reprendre les terres de son père, mais préfère poursuivre une éducation à al grande capitale. A un moment clé de l'histoire, il cherchera même à fuir en compagnie de sa femme, n'ayant cure de sa campagne natale, mais voyant un avenir à la grande ville; mais moins que l'exode rurale (thème premier de la trilogie d'Apu), il est question de religion dans le présent film. Chatterjee interprète ainsi un progressiste dans sa manière d'aborder ses croyances, alors que son père appartient à la "vieille école", démultipliant les divinités implorées et finissant par croire en un véritable miracle et l'incarnation de la déesse Kali (déesse de la création et destruction) en la personne de sa belle-fille. A travers son historie personnelle, elle incarnera mieux que quiconque ce divin personnage, à l'origine de la "création" (d'un mythe; d'une croyance aveugle; d'une vie ressuscitée, …), comme de al destruction (la fin du film et ses illusions déçues); aussi craint-elle de s'engager sur l'eau pour fuir sa condition, alors que la cérémonie d'ouverture montrait justement la fin de la déesse par sa "mise à l'eau". Adaptant une nouvelle de Prabhat Kuman Mukherjee, Ray s'approprie l'histoire à son propre univers, renouvelant certains schémas de ses précédentes œuvres, mais mettant surtout dans la bouche de ses protagonistes ses propres réflexions quant à la société de son époque. Œuvre la plus courte, mais non pas moins sa plus dense, sans une minute superflue, lourd de sens. Un classique à redécouvrir d'urgence.

14 janvier 2007
par Bastian Meiresonne


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